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Homo Clownicus

Création

HOMO CLOWNICUS ou les clowns Matsutake
Une idée originale et mise en scène de Martin Jaspar
Avec Maud Bouchat, Nicolas Grosrichard, Thibault Patain
Co-production: Théâtre du Roi de Coeur - Agence culturelle départementale Dordogne-Périgord, Centre culturel Michel Manet de Bergerac
Soutien à la résidence: Etoile bleue (Saint-Junien), Centre culturel de Eymet, Compagnie l'Entreprise à la Friche Belle de mai (Marseille), Centre culturel de Sarlat

"Nous situerons notre histoire dans une réalité post-effondrement sans pour autant préciser depuis combien de temps l’effondrement a eu lieu. L’idée n’étant pas de faire un spectacle sur une catastrophe, mais plutôt sur comment on se réorganise après une catastrophe. Il y aura sur le plateau une vieille carcasse de voiture, sur laquelle on apercevra du lichen et quelques pousses vertes. Ce sera la maison de nos trois protagonistes : les trois clowns. Les spectateurs viendront les visiter comme on viendrait visiter des tigres dans un zoo. Le public aura donc une valeur dramaturgique à définir : peut-être seront-ce des humains ayant quitté Mars le temps d’un voyage touristique sur Terre ? Des néo-scientifiques étudiant de nouveaux spécimens ? En tout cas, les trois clowns seront les sujets d’une exposition intitulée « HOMO CLOWNICUS », ou «Les Clowns Matsutake ».
Au début du spectacle –que je vois comme le début d’une journée-, nous les observerons vivre, se mouvoir dans l’espace, interagir entre eux et obéir à un système de fonctionnement qui leur appartient. Chaque clown aura sa tâche, son travail -physique- à achever et apparemment nécessaire à la petite communauté ; comme arroser les tomates, rafistoler la carrosserie de la voiture ou construire une table. Nous mettrons en valeur certains mécanismes de base inhérents à la vie de groupe : la cohésion,
la réputation d’un individu, la récompense, la punition, les rituels, la hiérarchie, la règlementation… Et la mise en pratique de certains principes fondamentaux censés assurer une forme de pérennité à la communauté : la disposition en cercle (on imagine déjà la difficulté pour trois clowns) pour favoriser les échanges respectueux, la pratique du tour de parole avec un « bâton de parole » pour obtenir une plus grande équité, la place laissée au silence pour faire mûrir la pensée, etc… Tout cela, nos clowns s’y essayeront avec beaucoup de volonté mais aussi avec toute la maladresse qui les caractérise. Ils auront avec eux une sorte de « manuel de groupe », vestige de l’ancien monde, très probablement un livre de l’anarchiste Kropotkine qui a beaucoup écrit sur l’entraide, jusqu’à en faire la pierre angulaire de sa philosophie. Avoir un penseur du début du XXe siècle comme référence pour trois «néo-clowns», cela assurera une distance comique délicieuse. Je les imagine déchiffrer laborieusement des concepts scientifico-politiques auxquels ils ne comprennent pas grand-chose, et qu’ils s’échinent pourtant à appliquer, pour le plus grand bonheur du public. Ces problématiques
occuperont le premier chapitre de notre spectacle. 
Le second chapitre portera sur la rencontre entre les clowns et le public. En effet, au bout d’un certain temps, l’un des clowns, suivi rapidement par ses deux compères, tombera « nez à nez » avec les spectateurs, jusque-là passés inaperçus. On imagine alors toute la méfiance que pourra entraîner une telle surprise. Découvrir cinquante, cent ou trois cent pairs d’yeux qui nous observent depuis un temps indéfini, il y a de quoi s’inquiéter ! Nos clowns déploieront dans un premier temps un mécanisme de défense, une attitude belliqueuse à la mesure de leur désarroi. Ce sera le sujet d’un désaccord au sein du groupe de clowns. Faut-il attaquer ces intrus ? Les faire prisonniers ? Entamer un dialogue? Puis, peu à peu, la curiosité prendra le dessus sur l’hostilité et le contact finira par se faire. Cet évènement sera l’occasion d’explorer tout ce que peut provoquer l’arrivée d’un « étranger » dans votre environnement. La fabrication de l’ennemi, le sentiment d’insécurité, le repli sur soi etc…
Le troisième et dernier chapitre nous permettra d’observer comment une rivalité entre deux groupes (clowns vs public) peut être dépassée au profit d’une cohésion élargie. Nous travaillerons sur le principe de convivialité, sur les efforts qu’exige l’établissement d’une confiance nouvelle et d’un sentiment de sécurité, ingrédients nécessaires à l’expression de sentiments altruistes. En d’autres termes, nous verrons quelles sont les conditions préalables à l’émergence d’élans généreux, à l’émergence de la fraternité, de l’amitié et de l’entraide, et enfin nous chercherons quel pourrait être l’aboutissement d’une telle spirale collective."

Martin Jaspar

Informations


créé en 2021

Metteur en scène

Martin Jaspar